1. Durée du contrat
X
La durée du
contrat correspond à la durée de la saison ou peut -être inférieure, mais dans
tous les cas, elle ne peut être inférieure à un mois, ni supérieure à 9 mois. Il
est cependant possible de conclure un contrat saisonnier pour une période
correspondant à un complément d'activité saisonnière.
2. Renouvellement du contrat
X
Article L.
122-3-15 du code du travail. Cet article prévoit que le contrat saisonnier peut
contenir une clause de reconduction. L'employeur ne peut vous refuser le
renouvellement de votre contrat pour la saison suivante, notamment sui la CCN
relative à votre branche, offre des garanties en matière de renouvellement. Si
votre employeur refuse, il doit se prévaloir d'un motif dûment fondé.
►Si
vous dépendez de la CCN des parcs d'attractions et des loisirs :
L'article 4
prévoit que l'employeur doit vous informer dans les 90 jours suivant la fin de
la saison lorsqu'il envisage de renouveler le contrat. Vous avez un délai de
réponse de 2 mois, à défaut, il sera réputé avoir refusé votre proposition. De
plus, l'article 4 prévoit le droit à une indemnité de fin de contrat saisonnier
(égale à 6% des salaires bruts, perçus lors de la dernière saison), si après
votre 4ème saison consécutive, l'employeur ne renouvelle pas votre contrat pour
la saison suivante. Cette indemnité sera cependant limitée dans certains cas.
►Si vous
dépendez de la CCN hôtellerie de plein air :
L'article
3-2-2, prévoit que c'est à vous de faire une demande écrite de renouvellement à
votre employeur. Celui-ci doit exprimer son intention de vous reprendre pour la
saison suivante, en précisant la date. S'il refuse, il devra motiver sa
décision. S'il y a renouvellement, vous devez retourner un exemplaire du contrat
de travail signé, au plus tard 2 mois avant la reprise du travail.
A noter qu'une jurisprudence de la Chambre sociale de la cour de Cassation du
1/02/2000 permet de se prévaloir d'un ensemble à durée indéterminée
lorsque les contrats saisonniers sont renouvelés sur le fondement de la clause
de reconduction, pendant plusieurs années de suite, même si chaque période de
travail était garantie pour la durée de la saison.
3. Congé
hebdomadaire
X
L'article L. 221-2
du code du travail énonce que vous avez droit à un repos hebdomadaire égal au
minimum à 1 jour.
La CCN des hôtels, cafés, restaurants, indique que vous avez droit à 2 jours de
repos hebdomadaire. Cependant, elle prévoit dans son article 21-3 que le 2ème
jour ne peut pas être pris, dans ce cas, ce 2ème jour devra être compensé au
plus tard à la fin de la saison par journée entière. Cette compensation se fera
soit en temps, soit en terme de rémunération. N'hésitez pas à demander vos
compensations en fin de saison.
Par ailleurs, vous avez droit à un repos quotidien d'une durée minimale de 11
heures consécutives, article L. 220-1 du code du travail. Dans certains
cas, ce repos peut être ramené à 10 heures consécutives. A titre d'illustration,
la CCN des hôtels, cafés, restaurants, dans son article 4-1 du titre 6, prévoit
que si vous êtes logé par votre employeur, ou si vous résidez dans un périmètre
tel que le temps consacré au trajet aller-retour n'excède pas une demi-heure,
vous pouvez être soumis à cette dérogation.
4. Rémunération
X
La rémunération
est basée sur le salaire minimum légal conventionnel, c'est à dire le SMIC
(article L. 141-2 du code du travail). Le salaire horaire est de 7.61 €,
c'est le taux de salaire brut de base au-dessous duquel vous ne pourrez être
rémunéré.
Une précision est à apporter, le contrat saisonnier ne donne pas droit à
l'indemnité de précarité propre au contrat à durée déterminée (de l'ordre de 6%
de la rémunération totale brute perçue pendant la durée du contrat).
►Cas
particulier du SMIC hôtelier :
Les articles D. 141-6 et suivants du code du travail déterminent les modalités
de calcul du SMIC hôtelier. Ainsi le salaire est calculé sur la base de 43 h de
travail, avec un taux horaire de 7.61 €. Il faut également tenir compte des
avantages en nature correspondant aux repas et au logement. Ces avantages en
nature ne sont retenus que pour la moitié de leur valeur, dans l'hypothèse ou
l'avantage en nature en terme de repas correspond au minimum garanti (M.G) de
3.06 €.
Illustration
chiffrée :
Un salarié est présent 22 jours par mois, il bénéficie de 2 jours de repos
hebdomadaire et de 44 repas par mois, le salaire minimum espèces est de :
7.61 € x 186,33 (heures travaillées) - (3.06 € x 44 repas) / 2 = 1 283.33€.
5. Formation des
saisonniers
X
Les saisonniers
ont droit à une formation se matérialisant par le congé individuel de formation
(CIF) des salariés sous contrat à durée déterminée.
La formation des saisonniers est gérée par la commission paritaire nationale
d'emploi formation, présente dans différentes branches. Elle est chargée de
donner des informations aux saisonniers.
La CCN du tourisme social et familial dans son article 43 - titre 7, indique la
procédure à suivre pour bénéficier d'une formation : vous devez établir une
demande écrite de CIF et la transmettre à votre employeur, dans un délai de 2
mois, avant le début de la formation. Ce délai pourra être réduit à un mois pour
les sessions dont la durée est inférieure à 10 jours.
►Le
Bulletin Individuel d'Accès à la Formation (BIAF) :
Le BIAF vous permet de bénéficier des CIF, sous certaines conditions. Tout
d'abord, il vous faut répondre à des conditions d'ancienneté : c'est à dire 24
mois consécutifs ou non chez un ou plusieurs employeurs, dont 4 mois consécutifs
ou non sous contrat à durée déterminée au cours des 12 derniers mois civils.
Ensuite, il
existe des conditions de délai si vous avez déjà eu un CIF ou un congé de bilan
de compétence, vous ne pourrez obtenir une nouvelle prise en charge qu'après un
délai de franchise.
Enfin, concernant la prise en charge financière, vous bénéficiez quelle que soit
la durée de votre formation, de 100 % de votre rémunération, si elle n'est pas
supérieure à deux fois le montant du SMIC. Cependant, ce pourcentage peut varier
selon votre année de formation.
Si vous répondez à ces conditions, votre employeur devra remplir votre BIAF.
6. Travail intermittent
X
La loi Aubry 2 a
remis en place le contrat de travail intermittent. Il est considéré comme un
contrat de travail à durée indéterminée. Il est conclu pour les postes qui
répondent à des besoins permanents mais qui, par nature, comportent une
alternance de périodes travaillées et non travaillées. Pour être valable, ce
contrat doit être établi par écrit (article L. 212-4-13 du code du travail).
Si vous êtes titulaire d'un tel contrat, vous bénéficiez d'une égalité de
traitement avec les salariés à temps complet dans l'entreprise.
Concernant votre rémunération, celle-ci correspond uniquement aux périodes
travaillées, cependant un accord collectif de branche étendu d'entreprise ou
d'établissement, peut prévoir un lissage de la rémunération (article L.
212-4-5 du code du travail) vous garantissant un revenu mensuel.
Enfin, une condition essentielle reste à préciser, le contrat de travail
intermittent existe uniquement dans le cas où un accord collectif de branche en
prévoit la possibilité. A noter que les secteurs les plus concernés sont ceux du
tourisme saisonnier et les activités agricoles.
Cependant, les conventions collectives de plusieurs secteurs prévoient certaines
garanties.
►Hôtels
- Cafés - Restaurants :
L'article 14-2 de la CCN dans son dernier alinéa prévoit que les contrats
saisonniers conclus pendant 3 années consécutives, à partir de la date
d'application de la CCN (le 3/12/1997), pourront être considérés (sous certaines
conditions) comme établissant avec le salarié, une relation de travail d'une
durée indéterminée.
►Remontées
mécaniques :
L'article 16 prévoit que les emplois saisonniers sont réservés en priorité, à
qualification égale, aux agents ayant déjà effectué une ou plusieurs saisons.
►Thermalisme
à Dax :
Un contrat à durée indéterminée devra vous être proposé après deux saisons
d'activité.
En effet, à la suite d'un conflit, la Compagnie Thermale de Dax et les
représentants syndicaux se sont mis d'accord, en octobre 1983 "sur le fait qu'un
contrat à durée indéterminée sera proposé à chaque salarié saisonnier après deux
saisons".
►Tourisme
social :
Les articles 22 et 23 prévoient que,
si vous avez travaillé dans le même établissement, sous contrat pour deux
saisons successives ou sous contrat de 8 mois, vous devez bénéficier du
renouvellement de votre contrat pour une même période d'activité, sans
engagement de durée identique.
Certains accords d'entreprise prévoient également de telles dispositions.
►VVF:
Le saisonnier bénéficie non seulement d'une priorité de réembauche pour un 2ème
contrat, pour la période d'ouverture suivante de l'établissement dont il dépend,
mais aussi du renouvellement de son contrat après 2 contrats successifs.
7. Indemnités de fin de contrat
X
Vous avez droit à
la fin de votre contrat à des indemnités compensatrices de congés payés égales à
10 % de votre rémunération brute totale.
8. Arrêt du contrat
X
Comme tout contrat
à durée déterminée, le contrat saisonnier ne peut pas être rompu, sauf pendant
la période d'essai. Pour mettre fin au contrat sans sanctions pécuniaires, il
faut donc soit un cas de force majeure, soit un cas de faute grave, soit un
accord entre vous et votre employeur.
9. Allocations chômage
X
La circulaire
UNEDIC n° 97-10 du 23 juin 1997, entrée en application le 1er mai 1997, fixe de
nouvelles conditions d'assurance chômage en faveur des travailleurs saisonniers.
Ainsi, vous serez reconnu chômeur saisonnier si, étant privé d'emploi, vous avez
exercé au cours de 2 des 3 années précédant la fin de votre contrat de travail,
une activité saisonnière réputée comme telle, ou si, au cours des 3 années
précédant la fin de votre contrat, vous avez connu des périodes d'inactivité
chaque année à la même époque. Pour que votre chômage soit reconnu comme chômage
saisonnier, il vous faudra de plus :
- avoir déjà été indemnisé au titre de l'assurance chômage,
- ne pas bénéficier du reliquat d'un droit ouvert sans chômage saisonnier,
- ne pas avoir exercé des activités saisonnières de manière fortuite.
10. Modèles de contrats de travail
X
Voici les principaux modèles
de contrat de travail. Ces modèles contiennent les points les plus importants
que doit absolument préciser votre contrat.
Contrat saisonnier
Contrat à temps partiel
Contrat à
temps partiel modulé
Contrat du secteur hôtels, cafés, restaurants
Contrat à durée Déterminée
(CDD)
Contrat à
durée indéterminée (CDI)